Peu de joueurs retraités influencent autant l’image des stars NBA actuelles que Shaquille O’Neal. Membre du Hall of Fame et quadruple champion NBA, il n’a jamais hésité à exprimer des opinions tranchées, et sa dernière cible est Rudy Gobert, le pivot de 33 ans des Timberwolves du Minnesota.
O’Neal, sur son ton habituel, s’est moqué du contrat de Gobert, a critiqué son style de jeu et s’est demandé si le pivot français méritait une place au sein du club le plus exclusif du basketball : le Hall of Fame.
Les commentaires de Shaq, cités par Fadeaway World, étaient toujours aussi audacieux : « Rudy, ce salaud, gagne 250 millions de dollars. Il ne le mérite pas. En tant que président de la Big Men Alliance, je tiens à dire que si vous gagnez beaucoup d’argent, jouez comme un grand joueur. Si Rudy entre au Hall of Fame, je porterai une robe à la cérémonie. Saisissez le ballon, mettez les gens KO. Ne laissez pas un Blanc de Denver vous bousculer, vous dire des méchancetés et vous attraper par le col à la dernière seconde.» C’est du O’Neal classique : direct, comique et volontairement provocateur. Mais derrière l’humour se cache une critique plus profonde de la perception de Gobert par rapport aux grands joueurs dominants du passé. La carrière NBA de Rudy Gobert a été définie par sa défense d’élite. Trois fois meilleur défenseur NBA de l’année, six fois sélectionné dans la première équipe All-Defensive et quatre fois All-Star, Gobert s’est forgé une réputation grâce à sa protection du panier et à ses rebonds. Il figure régulièrement parmi les meilleurs de la ligue en contres, en évaluation défensive et en pourcentage de réussite aux tirs concédés au panier.
Cependant, le jeu offensif de Gobert est critiqué depuis longtemps. Il marque principalement sur des lobs, des putbacks et des dunks, avec des déplacements au poste limités et une portée de tir quasiment inexistante. Pour Shaq, un joueur qui a dominé l’attaque par sa puissance, son jeu de jambes et sa finesse, Gobert représente ce qu’il considère comme une version édulcorée du pivot traditionnel. Gobert a signé une prolongation de contrat de cinq ans d’une valeur de 205 millions de dollars avec le Jazz de l’Utah en 2020, l’un des contrats les plus importants jamais accordés à un pivot à l’époque. Après avoir été transféré au Minnesota en 2022, il a rejoint une équipe qui a investi massivement pour le jumeler à Karl-Anthony Towns, créant ainsi l’une des lignes avant les plus hautes de la ligue.

Pour Shaq, le montant du contrat de Gobert ne correspond pas à son impact offensif. O’Neal a maintes fois affirmé que les grands joueurs devraient dominer les deux côtés du terrain s’ils disposent de contrats de niveau superstar. Le manque de talent offensif de Gobert en fait une cible facile dans ce débat. La critique de Shaq concernant les chances d’intronisation de Gobert au Temple de la renommée reflète un débat plus large parmi les fans et les analystes. D’un côté, le CV de Gobert est impressionnant : 3 fois meilleur défenseur de l’année 6 fois meilleur défenseur de l’équipe première 4 fois meilleur joueur des étoiles Médaillé d’argent olympique (France, 2021) De l’autre, les critiques affirment que ses performances en séries éliminatoires ont révélé ses limites.
Les équipes l’exploitent souvent en le tirant hors de la raquette, neutralisant ainsi sa présence défensive. Offensivement, il crée rarement son propre tir et peine à s’adapter lorsque les défenses s’ajustent. Les supporters rétorquent que la défense représente la moitié du jeu, et que Gobert a sans doute été le défenseur le plus marquant de son époque. Sa capacité à changer la façon dont les équipes attaquent dans la raquette pourrait le rendre digne d’être intronisé au Temple de la renommée malgré ses défauts offensifs.
Shaquille O’Neal s’est souvent présenté comme la « voix des pivots de la vieille école ». De Dwight Howard à Nikola Jokic en passant par Gobert, Shaq a publiquement commenté la façon dont les pivots d’aujourd’hui se comparent à son époque. Avec Dwight Howard, Shaq a minimisé sa domination, affirmant qu’il n’était pas à la hauteur des légendes du passé. Avec Nikola Jokic, Shaq s’est montré plus élogieux, reconnaissant son génie offensif tout en plaisantant sur son style. Avec Gobert, Shaq est carrément dédaigneux, le considérant comme indigne d’être comparé aux pivots dominants du passé. Ce clivage générationnel alimente un débat constant. Les fans affirment que la NBA a évolué : l’espacement, la vitesse et le tir ont réduit le rôle des pivots post-dominants traditionnels.
Shaq insiste cependant sur le fait que la taille et la domination intérieure devraient toujours définir un grand pivot. Son commentaire sur « un Blanc de Denver » visait clairement Nikola Jokic, MVP en titre des Finales NBA et triple MVP de la ligue. Le duel Gobert-Jokic a été au cœur des batailles de la Conférence Ouest ces dernières années, Jokic prenant régulièrement le dessus sur Gobert. La polyvalence offensive de Jokic – score, passe, tir – a souvent laissé Gobert en difficulté pour suivre. Pour Shaq, cela confirme son point de vue : les grands dominent leurs duels, tandis que Gobert a été éclipsé.