Le légendaire pivot Shaquille O’Neal, quadruple champion NBA et icône des années 2000, a une nouvelle fois fait parler de lui. Dans son podcast, The Big Podcast with Shaq, l’ancienne star des Los Angeles Lakers et du Miami Heat a exprimé de façon particulièrement tranchée son opinion à propos de Rudy Gobert, le pivot français des Minnesota Timberwolves. « Je déteste tellement Rudy Gobert », a lancé Shaq d’un ton sec, provoquant un mélange de rires et de malaise chez ses coanimateurs.
Si le ton était direct, voire provocateur, les propos d’O’Neal ne sont pas une première. Depuis plusieurs années, il critique régulièrement le triple Défenseur de l’année NBA, remettant en cause son style de jeu, son impact offensif et surtout son statut de superstar. Shaquille, connu pour son franc-parler et son sens du spectacle, estime que Gobert n’incarne pas la dureté et la domination physique qu’un pivot moderne devrait posséder. Cette nouvelle sortie médiatique a ravivé les tensions entre les fans du joueur français et ceux de la légende américaine.
Le désaccord entre Shaquille O’Neal et Rudy Gobert ne date pas d’hier. Déjà en 2020, O’Neal avait ironisé sur le contrat du joueur français, qui venait de signer un accord massif de 205 millions de dollars sur cinq ans avec le Utah Jazz, le qualifiant de “folie” pour un joueur qui ne marquait en moyenne que 13 points par match. « Vous imaginez ? Si Rudy gagne ça aujourd’hui, j’aurais dû gagner un milliard quand je jouais », avait plaisanté Shaq sur TNT, son ton moqueur dissimulant à peine un certain mépris.
Mais au-delà des chiffres, c’est une différence de philosophie du jeu qui sépare les deux hommes. Shaquille O’Neal, monstre offensif des années 1990 et 2000, a bâti sa légende sur la domination physique. Avec ses 147 kilos de puissance brute, il écrasait littéralement ses adversaires, transformant la raquette en zone de guerre. Rudy Gobert, lui, appartient à une autre génération. Spécialiste de la défense, de la protection du cercle et du rebond, il est l’un des rares pivots modernes à avoir bâti sa carrière non pas sur le scoring, mais sur l’efficacité défensive. Dans une NBA orientée vers le jeu extérieur et les trois points, Gobert symbolise la rigueur et la constance, là où Shaq personnifiait la brutalité et le spectacle.

Cette divergence de style agace profondément l’ancienne légende des Lakers, qui voit en Gobert un joueur “trop poli”, manquant de cette rage nécessaire pour imposer la peur. « Quand j’étais sur le terrain, les gars savaient que j’allais les écraser. Lui, on dirait qu’il veut juste contester un tir. Ce n’est pas assez », a déclaré O’Neal lors d’une précédente émission.Face aux attaques répétées de Shaquille O’Neal, Rudy Gobert a toujours préféré répondre par le silence ou avec humour. Interrogé par ESPN sur les propos de Shaq il y a quelque temps, le Français avait simplement rétorqué :
« J’aimerais bien voir Shaq défendre sur un pick-and-roll aujourd’hui. Ce serait drôle. » Une manière subtile de rappeler que les époques sont différentes et que les comparaisons directes n’ont pas toujours de sens. Dans une ligue où la mobilité, la polyvalence et la défense de périmètre sont devenues essentielles, Gobert est reconnu comme l’un des meilleurs dans son domaine.
Bien que les propos d’O’Neal puissent sembler durs, beaucoup estiment qu’ils font partie du personnage médiatique de Shaq, un mélange de provocation, d’humour et de nostalgie d’une époque révolue. En réalité, derrière ses critiques, on sent une forme de regret : celui d’une NBA où les pivots étaient les rois, où la raquette appartenait à des géants comme lui, Tim Duncan ou Hakeem Olajuwon. Aujourd’hui, la ligue a changé. Les intérieurs comme Gobert ou Anthony Davis doivent défendre sur des shooteurs, courir après des ailiers rapides, s’adapter à un jeu beaucoup plus fluide. O’Neal, lui, vient d’un monde où le duel se jouait sous le panier, face à face, à la force brute.
« C’est un autre basket, une autre mentalité », admet souvent Charles Barkley, son complice à la télévision. « Mais Shaq aime trop provoquer, surtout quand il s’agit des pivots modernes. » Malgré cette tension apparente, plusieurs anciens joueurs ont appelé à la réconciliation entre les deux géants, soulignant que Rudy mérite le respect pour sa constance et sa longévité. Même si leurs visions du jeu divergent, ils partagent une même passion : faire rayonner le poste de pivot dans une ligue dominée par les arrières et les ailiers.